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Elèves déplacés internes handicapés visuels : une scolarité à tâtons

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La crise sécuritaire a occasionné un déplacement massif des populations vers les grandes agglomérations du Burkina comme Kaya, capitale régionale du Centre-Nord, avec à la clé la déscolarisation de milliers d’élèves en situation de handicap visuel. Loin de leurs parents biologiques, privés d’école, les espoirs brisés, ces apprenants semblent abandonnés et interpellent l’Etat sur l’effectivité de l’éducation inclusive.

Jeudi 11 mai 2023 ! Jour de classe dans tous les établissements scolaires de Kaya. Mais, cette journée est sans particularité, à la limite anonyme pour Salif Sawadogo. Contrairement à de nombreux écoliers de son âge de la ville, cet adolescent de dix ans en Situation de handicap visuel (SHV) ne prend plus le chemin de l’école. Sa destination : le verger d’anacardiers situé à un jet de pierre du site d’accueil des Personnes déplacées internes (PDI) du secteur n°7 de Kaya.

A chaque lever du jour, Salif et d’autres enfants déplacés internes décortiquent des noix de cajou afin de combler leur ration alimentaire. Tout comme sa sœur jumelle, Raïnatou, Salif est né malvoyant de l’œil gauche et non-voyant de celui droit. Leurs deux demi-frères sont également borgnes de l’œil yeux gauche. Dans leur famille, on dénombre quatre Elèves déplacés internes (EDI) en SHV : Salif (dix ans), Raïnatou (dix ans), Guélilou (onze ans) et Boureima (dix ans). Tous inscrits au CP1, après avoir franchi la classe d’observation l’année dernière, Salif jette l’éponge en février 2023.

La raison : sa vue s’éclipse progressivement. Difficile de fixer son regard sans l’aide de ses mains. « S’il sort sous le soleil, il a des démangeaisons au niveau de ses yeux . Et, il les frotte jusqu’à les rougir. Il faut qu’il rentre dans l’ombre», explique sa marâtre, Aminata Baguian. Et de poursuivre : «Je les (Salif et Raïnatou) ai emmenés à l’hôpital et les médecins m’ont tendu une ordonnance de 400 000 F CFA», se lamente-t-elle.

Actuellement, sa marâtre se contente du beurre de karité pour soulager l’œil malvoyant de Salif. Malgré son état de santé dégradant, Salif souhaite retourner sur les bancs. Dame Aminata implore le concours d’un «bon samaritain» pour faire face à la situation. Wendyellé Sebgo, lui aussi, est contraint de quitter les bancs pour trouver refuge à Kaya. Ex-élève en classe de 3e au lycée privé Braille de Boulsa, il voit son cursus scolaire achevé prématurément, depuis que son village est devenu la cible privilégiée des « gens de la brousse».

Chassée de son hameau de culture, en 2019, sa famille trouve refuge à Tougouri. Démunis, ses parents peinent à joindre les deux bouts encore moins assurer les besoins spécifiques de Wendyellé. « Je n’étais même plus en mesure d’avoir 25 F CFA ne serait-ce que pour boire la bouillie le matin avant d’aller à l’école. Mes parents ne pouvaient pas non plus payer mes fournitures scolaires (rames cartonnées) et frais de scolarité. J’avais aussi des arriérés de loyer. C’était difficile de poursuivre les études », remémore Wendyellé, sous forte émotion.

Troquer sa tenue scolaire

Candidat malheureux à deux reprises au Brevet d’études du premier cycle (BEPC), le natif de Wayalghin (Bouroum) jette l’éponge en pleine année scolaire 2020-2021. «En plus d’être né non-voyant, je suis malentendant», soupire-t-il. Le déscolarisé rejoint alors ses parents dans leur «cachette». Mais, l’étau terroriste se resserre autour d’eux. Wendyellé se réfugie au siège de l’Association Wendwaoga des aveugles et malvoyants de Kaya (AWAMK).

Loin de sa famille biologique, il doit désormais troquer sa tenue scolaire contre celle de tisserand de lits picots et de chaises pour ne pas crever de faim et de soif. Ses jours se suivent et se ressemblent. Aucune issue heureuse ! Rencontré le samedi 13 mai, Wendyellé «traîne» à l’abandon. «Je suis oublié par mes parents…», larmoie-t-il, regard figé dans le vide. Pour lui, cet abandon parental a écourté ses études. «Si tu étudies et tu ne bénéficies pas d’encouragement, c’est difficile d’aller de l’avant. Ils se soucient plus des enfants voyants…», plaint-il, la voix tremblotante.

Wendyellé doit compter sur les cotisations ponctuelles de son église pour survivre. L’école n’est désormais qu’un vieux souvenir pour celui qui nourrissait le rêve de devenir enseignant en braille. Selon les données de 2022 de la Direction générale des études et des statistiques sectorielles (DGESS) du ministère en charge de l’éducation nationale, l’effectif des ESH est de 66 002 (1,5%), soit 28 508 filles (1,3%) et 37 494 garçons (1,7%).

Au primaire, ils sont 52 821 contre 13 181 pour le post-primaire et le secondaire. De même, le Recensement général des enfants handicapés (RGEH) de 2013 montre que 79 617 enfants (7 948 pour le Centre-Nord) de 0 à 18 ans dont 31 491 filles manifestent un ou plusieurs handicaps et à des degrés divers, avec à la clé un niveau d’instruction des Enfants handicapés (EH) assez faible : 43% pour le primaire et 7,1% au secondaire. Le RGEH-2013 poursuit que 72,6% des EH ne fréquentent pas l’école actuellement et 34,6% n’ont jamais été à l’école.

Il ressort de la même étude que le taux brut général de scolarisation au primaire des EH s’établit à 53,1% dont 52,4% pour les filles contre 53,5% pour les garçons, largement en deçà du niveau national estimé à 83,1%. Les Elèves en situation de handicap (ESH) qui s’accrochent toujours sont dans des conditions d’études peu reluisantes. A défaut d’être un élève régulier, Sidiki Soré, qui a perdu la vue à l’âge de six ans à cause de la rougeole, s’est inscrit pour la deuxième fois en candidat libre pour la quête du baccalauréat série A4.

Trois fois candidat malheureux, le ressortissant de Tafgo (Tougouri) estime que l’absence de documents adaptés aux ESH et le manque de formation spécialisée des enseignants militent à son échec. «Cloîtré » dans la cour de son frère, l’ex-élève du Lycée municipal de Kaya (LMK), que nous avons rencontré le lundi 15 mai, compte désormais sur sa dulcinée, Rasmata Ouédraogo, bachelière, pour décrocher ce précieux « sésame ». «Elle me dicte les cours et exercices à transcrire en braille», soutient l’adulte de 26 ans.

Des parents injoignables

Tisserande de pagnes traditionnels et coiffeuse, Rasmata l’épaule dans l’achat des fournitures scolaires et charges quotidiennes. Bien que détenant une carte d’invalidité depuis 2022, il dit avoir déboursé la somme de 15 000 F CFA comme tout candidat pour le dépôt de ses dossiers du baccalauréat à la Direction régionale de l’enseignement post-primaire et secondaire du Centre-Nord (DREPS-CN).

Sidiki exhorte l’Office national des examens et concours à décentraliser les centres de composition du Bac dans les régions pour les candidats en Situation de handicap (SH). La plupart des EDI en SHV qui ont trouvé refuge à Kaya sont «insérés» dans des familles d’accueil. Certains n’ont même plus les traces de leurs géniteurs. Selon le président de l’AWAMK, Antoine Wisnoma, seuls deux sur les 52 ESH inscrits à l’école intégratrice vivent avec leurs parents biologiques.

Certains parents n’hésitent pas à prendre la clé des champs une fois qu’ils ont confié leurs enfants à l’association. Seuls deux sur les 26 pensionnaires de l’association sont en contact permanent avec leurs familles. «La plupart sont injoignables…», confirme M. Wisnoma. Pour lui, il s’agit d’une sorte de débarras. « Nous avons des enfants qui vivent avec nous depuis plus de sept ans et nous n’avons plus les traces de leurs parents. Peut-être que certains sont décédés dans des attaques terroristes », regrette-t-il.

Qu’à cela ne tienne, les familles d’accueil font preuve de patriotisme. Christian Sawadogo (douze ans), élève en classe de CE2 et Daouda Bargo (treize ans), en CM1, sont accueillis par Nafisatou Ouédraogo. Depuis plus de cinq ans, la « bonne samaritaine» leur apporte gîte et couvert. « La vieille de Daouda lui rend visite une seule fois tous les deux ans. Par contre, nous n’avons plus les traces de la famille de Christian », témoigne-t-elle.

Pour elle, chaque action est récompensée sur terre. «Ce ne sont pas forcément tes enfants qui te prendront en charge au moment de ta vieillesse», se convainc-t-elle. La « nurse » Ouédraogo implore donc chaque Burkinabè à soutenir ces «âmes» sensibles. Outre le sentiment d’abandon, ces élèves sont victimes de stigmatisation. «Nos enfants sont régulièrement injuriés à cause de leur handicap.

Et, ils passent tout le temps à pleurer. Cela les traumatise énormément», atteste Aminata Baguian, avec amertume. Ces rejets proviennent parfois des parents eux-mêmes. «C’est devant vous qu’un père n’était pas en mesure de vous donner le prénom (Saidou) de son enfant handicapé visuel de 9 ans. Pourtant, ils vivent ensemble dans la même cour», s’indigne M. Wisnoma.

3 352 élèves handicapés visuels au Centre-Nord

Il est ressorti dans le rapport du RGEH-2013 que le handicap reste une source de discrimination à l’égard des enfants. En effet, le pourcentage des EH recensés ayant subi une discrimination quelconque liée à leur handicap est de 48,6%. La même source indique que les manifestations discriminatoires les plus fréquentes sont, entre autres les insultes (46,8%), la mise à l’écart (18,5%) et la violence physique (12,7%) dont les principaux auteurs sont les camarades (93,4%), le voisinage (60,2%), les parents (25,3%) et les encadreurs (7%).

D’où la nécessité pour Antoine Wisnoma de renforcer les actions de sensibilisation et de plaidoyer en faveur d’une mobilisation sociale en vue de la réduction de la discrimination liée au handicap. Le handicap n’étant pas une fatalité, Wendyellé plaide pour une égalité de droits pour tous les enfants quel que soit leur état de santé. Autant de tares qui sapent les efforts de l’Education inclusive (EI) tant au niveau national que régional.

Selon le service en charge de l’EI de la Direction régionale de l’éducation préscolaire, primaire et non formelle du Centre-Nord (DREPPNF-CN), pour l’année scolaire 2022-2023, la région a enregistré 80 Apprenants handicapés (AH) au préscolaire dont 11 en SHV contre 2 899 AH dont 567 en SHV pour le primaire. Au post-primaire et secondaire, selon les données du même service de la DREPS-CN, pour cette année scolaire, l’effectif des ESH est de 373 dont 117 en SHV, soit 31,36% des inscrits (65837).

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Pour tous les cycles confondus, la région a enregistré 3 352 AH dont 695 (20,73%) élèves en SHV. Même si ces chiffres ne sont que la partie visible de l’iceberg, les acteurs de l’éducation tirent un motif de satisfaction au regard de la situation sécuritaire que traverse la région, avec à la clé la fermeture de centaines d’écoles. Toutefois, le tableau des appuis spécifiques aux enseignants et élèves en SH est peu reluisant.

Selon le chef de service par intérim en charge de l’EI de la DREPPNF-CN, l’inspecteur Moumini Badini, que nous avons rencontré le mardi 30 mai, à la date du 30 janvier 2023, au préscolaire, son service a formé 137 moniteurs dont 36 généralistes à l’ EI. Alors que le besoin en formation des enseignants est de 512 moniteurs, soit 101 en EI, 137 en Besoins spéciaux en éducation (BSE), 137 en braille et 137 en Langue de signes (LS). Il y a donc un gap de 375 enseignants à former. De même, à entendre M. Badini, onze élèves en SH dont six filles au préscolaire et 151 élèves en SH dont 74 filles au primaire sont en quête de subvention.

Violation des droits humains

Au niveau du post-primaire et secondaire, selon la cheffe de service en charge de l’EI de la

DREPS-CN, Korotimie Guiatin, que nous avons rencontrée le 30 mai, la dernière subvention parvenue aux Apprenants handicapés vulnérables (AHV) date de 2021, avec un montant de 1 970 000 F CFA réparti entre 59 élèves en SH dont 29 filles comme bourses d’études variant entre 30 000F, 40 000F et 60 000F.

Ce qui sous-entend que les AHV des années scolaires 2021-2022 et 2022-2023 n’ont reçu aucun kopeck en termes d’appuis spécifiques pour leurs études. Contrairement au préscolaire et primaire, le post-primaire et le secondaire ne disposent pas d’établissements spécialisés sur le plan régional. Pis, le problème de formation en EI des professeurs se pose aussi. Enseignant de physique-chimie dans un collège et mathématiques au LMK, Célestin Dabilgou tient pratiquement chaque année des élèves en SHV.

En une décennie de carrière professionnelle, il n’a bénéficié que de deux formations en braille. Son dernier recyclage date de trois ans. «La première formation a été de trois jours et la deuxième deux jours. Au vu de la durée et du contenu, ce sont des initiations en quelques signes et alphabets en braille», pense M. Dabilgou. Selon lui, le manque de matériel en braille dans les établissements scolaires ne facilite pas l’encadrement des élèves en SHV. Aux dires de M. Dabilgou, la transcription en braille et le décryptage des devoirs des ESH des établissements scolaires de la ville se font à l’école intégratrice.

Pour une bonne éducation des ESH, Célestin Dabilgou suggère l’introduction des modèles sur l’EI, le braille, le LS, les BSE dans les curricula de formation des enseignants et la dotation des établissements scolaires de matériels spécifiques adaptés. Les défenseurs des droits de l’Homme interpellent donc l’Etat au respect de ses engagements nationaux et internationaux. «L’Etat doit mettre tous les enfants dans les mêmes conditions de réussite. Si cela n’est pas fait, c’est une violation des droits humains.

Certaines personnes vont au-delà en parlant de stigmatisation, parce que vous avez mis de côté des personnes du fait de leur état de santé alors qu’elles n’ont pas souhaité vivre leur situation», estime le président du Mouvement burkinabè des droits de l’Homme et des peuples, section Sanmatenga (MBDHP/S), Issaka Ouédraogo.

Parrainer les 52 élèves handicapés visuels

A l’entendre, cette violation est matérialisée par le manque d’infrastructures scolaires adaptées à leur handicap, l’absence de matériels spécialisés pour faciliter leur formation et le manque de formation spécialisée en EI de qualité aux enseignants. C’est pourquoi, M. Ouédraogo exhorte l’Etat à mettre «ses enfants» dans de bonnes conditions d’apprentissage, afin qu’ils puissent contribuer au développement socioéconomique de la Nation.

Pour promouvoir l’EI dans les régions du Burkina, le secrétariat national de l’enseignement catholique, en partenariat avec l’Union nationale des associations burkinabè pour la promotion des aveugles et malvoyants (UN-ABPAM) a créé, en 2012, l’école intégratrice Notre Dame de Kaya. Actuellement, avec un effectif de 52 pensionnaires dont 50 EDI, répartis entre quatre classes, à savoir la classe d’observation, le CP1, le CP2 et le CE1, cette école accueille spécifiquement des enfants en SHV.

Selon le directeur de l’école intégratrice, Léger Yéyé, l’inscription est gratuite, pourvu que l’enfant ait un acte de naissance. C’est à l’école de trouver une famille d’accueil volontaire à proximité pour faciliter son déplacement. Une fois en classe de CE2, l’élève est intégré dans les écoles classiques pour la poursuite de son cursus scolaire toujours sous le suivi de l’école intégratrice. Selon M. Yéyé, actuellement, son institution soutient onze élèves inscrits au post-primaire et secondaire.

Toutefois, avec la rareté des ressources financières, l’instituteur principal redoute l’abandon de ses apprenants à l’image de Salif Sawadogo, Wendyellé Sebgo et Sidiki Soré. «La plupart des familles d’accueil sont démunies. Il faut donc une cantine scolaire permanente. Leurs fournitures scolaires coûtent cher alors que nous ne bénéficions de l’UN-ABPAM que d’un soutien de 2000 F CFA par élève comme bourse-santé», s’inquiète-t-il.

De ce fait, M. Yéyé appelle les filles et fils du Sanmatenga à un sursaut patriotique à travers le parrainage des 52 élèves. La prise en compte de ces élèves dans l’éducation en situation d’urgence et la dotation en vivres des familles d’accueil peuvent endiguer d’éventuelles déscolarisations, suppose le spécialiste en EI, Yéyé.

Parlant de soutien, le président de l’UN-ABPAM, Christophe Oulé indique que pour l’année scolaire 2022-2023, sa structure, en partenariat avec le programme Sensorial handicap cooperation (SHC), accompagne 416 Elèves handicapés visuels (EHV) dont 164 filles (39,4%) dans leurs études. Dans tous les cas, nos interlocuteurs dans ce reportage sont unanimes qu’il y a urgence à sauver ces EDI en SHV qui sont les plus vulnérables dans cette crise sécuritaire.

Emil Abdoul Razak SEGDA

Que dit la loi ?

Le Burkina Faso a adopté des textes nationaux et internationaux pour une éducation de qualité et inclusive. Sur le plan national, outre la Constitution, l’on peut citer la Stratégie nationale de développement de l’éducation inclusive (SNDEI) 2018-2022 et le Plan sectoriel de l’éducation et de la formation (PSEF) 2017-2030 pour une éducation de qualité pour tous comme un droit «non négociable». En 2007, l’adoption de la loi d’orientation de l’éducation fait de l’éducation une priorité nationale.

Son article 3 stipule que «toute personne vivant au Burkina a droit à l’éducation, sans discrimination aucune, notamment celle fondée sur le sexe, l’origine sociale, la race, la religion, les opinions politiques, la nationalité, ou l’état de santé. Ce droit s’exerce sur la base de l’équité et de l’égalité des chances entre tous les citoyens». La loi n°012-2010/AN du 1er avril 2010, portant protection et promotion des droits des personnes handicapées, dispose en son article 9 que : «l’éducation inclusive est garantie dans les établissements préscolaires, primaires, post-primaires, secondaires et universitaires du Burkina Faso».

Au niveau international, le pays des Hommes intègres a adopté, en septembre 2015, des Objectifs de développement durable (ODD) dans le cadre de l’agenda 2030 dont son objectif 4 reconnait le rôle crucial d’une éducation inclusive et équitable de qualité dans l’édification d’un monde meilleur et plus égalitaire.

Emil A.R. SEGDA

Source//sidwaya.info

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