Diplômes, enseignants, santé : ce que change le nouveau cahier des charges des Institutions Privées d’Enseignement Supérieur au Burkina Faso
Le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation, le Pr Adjima THIOMBIANO a animé, ce mardi 18 novembre, une conférence de presse consacrée aux nouvelles dispositions du Cahier des charges des Institutions Privées d’Enseignement Supérieur (IPES).

Le texte a été adopté par l’Arrêté n°2025-363/MESRI/SG/DGESup du 13 novembre 2025. Cette rencontre s’inscrit dans un plan de communication destiné à clarifier les innovations du document et à apaiser les inquiétudes exprimées par les promoteurs d’IPES.

Dans son exposé, le ministre a détaillé quatre grands axes de la réforme : la création des IPES, les exigences en matière de recrutement des enseignants, le traitement spécifique des formations en sciences infirmières et obstétricales, ainsi que l’organisation des examens nationaux.
Il faut des institutions exclusivement burkinabè et un dirigeant domicilié au pays
Le nouveau Cahier des charges exige que toute IPES soit désormais une personne morale de droit burkinabè, constituée soit en association, soit en société, avec un contrôle effectif assuré par des Burkinabè.
Le siège social doit se trouver au Burkina Faso et le responsable principal Directeur général, Recteur ou Président a désormais l’obligation légale de résider sur le territoire national.
Le ministre a précisé que cette mesure ne limite en rien la possibilité pour l’État burkinabè d’initier ou d’appuyer la création d’IPES, notamment dans le cadre des accords et traités internationaux.
Des normes renforcées pour le recrutement des enseignants
À l’ouverture, les IPES doivent disposer d’un noyau minimal d’enseignants permanents titulaires d’un doctorat à savoir 3 enseignants pour un institut supérieur ou une grande école ; 5 enseignants pour une université.
Les autres enseignants devront obtenir une autorisation d’enseigner délivrée par le ministère, désormais conditionnée à l’obtention d’un certificat de pédagogie universitaire. À long terme, les institutions devront compter 20 % d’enseignants permanents après 10 années d’existence ; 50 % après 25 années. Toute ouverture de nouvelle filière implique aussi le recrutement d’au moins un enseignant permanent supplémentaire, spécialisé dans le domaine concerné.
Des règles spécifiques pour les formations en santé
Le Cahier des charges introduit des exigences particulières pour les IPES qui forment en Médecine, Pharmacie, Chirurgie dentaire ou Médecine vétérinaire. Ces institutions doivent disposer d’au moins 60 % d’enseignants hospitalo-universitaires permanents dans des spécialités médicales définies.
Une répartition stricte des âges est également imposée. 50 % des enseignants doivent être âgés de 50 ans ou moins ; 30 % maximum peuvent avoir entre 51 et 65 ans; 20 % maximum peuvent être âgés de plus de 65 ans.
Le ministre a souligné que les enseignants retraités restent autorisés, mais dans la limite de 20 % du personnel permanent, afin de garantir la qualité des encadrements dans les filières médicales.

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Les formations en sciences infirmières et obstétricales retirées du Cahier des charges
La grande nouveauté aussi réside dans les formations en Sciences infirmières et obstétricales (SIO) qui ne relèvent plus du Cahier des charges des IPES.
Les formations avant le Bac (niveau BEPC ou inférieur) seront désormais agréées par le ministère de la Santé.
Les formations post-Bac, quant à elles, sont réservées aux universités publiques ou aux structures affiliées, avec la possibilité d’aller jusqu’au doctorat.
Des examens nationaux désormais obligatoires
Le Cahier des charges généralise les examens nationaux, qui n’étaient auparavant qu’une option pour l’État.
Pour les IPES hors filières santé, les diplômes de Licence, Master et Doctorat seront délivrés à l’issue d’évaluations nationales organisées par les universités publiques.
Pour les IPES en sciences de la santé, tous les passages de classe de la 1re année au doctorat seront soumis à des examens nationaux obligatoires.
Selon le ministre, cette mesure vise à harmoniser les niveaux académiques, sécuriser les parcours et permettre aux étudiants des IPES d’obtenir des diplômes reconnus sans procédure supplémentaire.
Un pas stratégique pour assainir et professionnaliser le secteur
En conclusion, le ministre a affirmé que ces réformes traduisent « la volonté ferme du Gouvernement d’améliorer durablement la qualité de l’enseignement supérieur privé, de sécuriser les parcours des étudiants et de renforcer la valeur des diplômes aux plans national et international ».
Le ministère dit rester disponible pour accompagner l’ensemble des acteurs concernés promoteurs, enseignants, parents et étudiants dans la mise en œuvre de ces nouvelles dispositions.

