La capitale marocaine accueille depuis ce mardi la toute première Conférence internationale dédiée aux victimes africaines du terrorisme, une initiative inédite organisée par le Maroc, en partenariat avec le Bureau des Nations unies pour la lutte contre le terrorisme (UNOCT).

L’objectif : placer les survivants au centre du débat, renforcer les mécanismes de soutien et rappeler l’urgence d’une réponse coordonnée face à une menace qui ravage le continent.

Le Burkina Faso est représenté par son ministre des Affaires étrangères, de la Coopération régionale et des Burkinabè de l’Extérieur, Karamoko Jean Marie Traoré, qui a livré une intervention particulièrement remarquée lors de la cérémonie d’ouverture.
Un plaidoyer fort en faveur des victimes africaines
Dès l’entame de son discours, le chef de la diplomatie burkinabè a présenté les efforts de son pays pour accompagner les populations touchées par les violences terroristes. Il a mis en avant un dispositif multisectoriel d’assistance, allant de l’aide humanitaire à la relance économique locale.
Le ministre a salué la résilience des victimes, estimant qu’elles méritent davantage que de la compassion : « Des femmes et des hommes refusent d’attendre des transferts monétaires ou des appuis alimentaires. Ils créent leurs petites entreprises, ils reconstruisent, ils avancent », a-t-il souligné. “La vraie réponse, c’est d’empêcher qu’il y ait des victimes”
Dans un message sans ambiguïté, M. Traoré a appelé la communauté internationale à s’attaquer aux racines du terrorisme, dénonçant son instrumentalisation par certains États : « La vraie prise en charge, c’est de faire en sorte qu’il n’y ait plus de victimes. C’est empêcher que ceux qui endeuillent nos populations trouvent des ressources, des refuges et des alliés. C’est refuser que le terrorisme devienne un instrument de politique étrangère », a-t-il déclaré.

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Le ministre a également regretté une solidarité internationale insuffisante, pointant un décalage entre les condamnations d’ordre humanitaire et le manque d’appui concret aux pays du Sahel, pourtant en première ligne.
Une Déclaration de Rabat porteuse d’espoir
Le Burkina Faso a réaffirmé son engagement total envers la Déclaration de Rabat, adoptée à l’ouverture de la conférence. M. Traoré a exprimé l’espoir que ce texte marque un tournant : « Qu’il ne soit pas un document de plus qui dort dans un tiroir, mais une véritable feuille de route au service des victimes africaines. »
Il a appelé les partenaires internationaux à reconnaître la légitimité du combat mené par les pays du Sahel et à accorder aux victimes du continent les mêmes droits et la même considération que celles d’autres régions du monde.
Un rendez-vous continental majeur
Réunissant gouvernements africains, organisations internationales, associations de victimes et experts, cette conférence de deux jours entend poser les bases d’une nouvelle approche continentale : centrée sur les victimes, appuyée sur des ressources solides, et fondée sur une coopération renforcée.

