Depuis le 2 décembre, Djenebou Banao, ressortissante burkinabè, réalise un marathon culinaire de douze jours pour tenter d’inscrire son nom et celui du Burkina Faso dans le Guinness World Records. Le comité d’organisation dévoile les réalités souvent méconnues.

Un défi soumis à des règles strictes

Bien que le défi ait démarré le 2 décembre à 22 heures, le comité rappelle que seules les périodes de 24 heures effectives comptent comme un jour. La règle est simple mais implacable : 1000 plats doivent être produits chaque jour, quel que soit le nombre de menus préparés. « On ne demande pas 1000 plats par menu, mais 1000 plats au total », précise le comité. Babenda, riz, benga, faro, pâtes,…les menus varient en fonction de la disponibilité des vivres, parfois limitée, ce qui oblige l’équipe à improviser au jour le jour.
Chaque plat doit être complet : « S’il y a du poulet, il faut diviser en quatre et déposer un morceau dans chaque kit ». Tous les plats sont comptés minutieusement devant la caméra, condition indispensable pour que le dossier soit recevable par Guinness World Records.
Deux heures de repos… théoriquement
Le règlement autorise deux heures de repos par jour, mais dans les faits, ce temps inclut toutes les pauses nécessaires : toilettes, rafraîchissements, transition.
En dehors de ces pauses, Djenebou ne peut ni s’asseoir ni cesser toute activité culinaire. Elle doit être en mouvement permanent : couper, mélanger, assaisonner, servir, surveiller le feu. « Elle ne doit jamais rester sans rien faire », insiste l’organisation.
Aucune assistance directe à la cuisson
Afin de respecter les règles Guinness, seuls le lavage et la découpe des condiments peuvent être effectués par l’équipe. La cuisson doit être intégralement assurée par Djenebou elle-même, sans aliments précuits et sans préparation extérieure ajoutée au cours de la cuisson.
Un défi sans juge Guinness sur place
L’un des obstacles majeurs reste l’absence d’un juge officiel, dont la venue depuis l’Angleterre aurait coûté 16 000 euros, une somme intenable pour l’organisation.

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L’intégralité de la performance est donc enregistrée afin d’être envoyée ultérieurement pour vérification.
Des moyens limités mais une détermination intacte
Entre les vivres à renouveler chaque jour, l’approvisionnement en gaz pour les trois foyers, et la charge physique et mentale imposée à la candidate, l’équipe reconnaît fonctionner « au jour le jour ». Malgré cela, la détermination demeure : « On s’adapte avec ce qui est disponible. L’essentiel, c’est d’atteindre les 1000 plats et de respecter toutes les conditions ».
Un défi sans récompense matérielle
Contrairement à ce que beaucoup imaginent, il n’existe aucun prix financier associé au record.
« Il n’y a rien à gagner. C’est un acte purement patriotique », confie le comité. La seule récompense officielle est une attestation de reconnaissance, mais l’enjeu principal est ailleurs : « Si son nom est gravé dans Guinness, c’est le Burkina Faso qui est gravé ».
Un appel vibrant à la population burkinabè
« Ceux qui peuvent venir l’encourager, animer, l’aider à tenir moralement, qu’ils viennent. Ceux qui peuvent contribuer en vivres ou en gaz, qu’ils n’hésitent pas. Actuellement, nous n’avons pas grand-chose pour atteindre les 12 jours ».
Pour le comité, l’enjeu dépasse l’individu :
ce record n’est pas celui de Djenebou Banao, mais celui du Burkina Faso.

