Visage réel du Hip-hop au Burkina Faso : Un film documentaire de 100 mn bientôt en projection dans la capitale
Abdoul Karim Sawadogo, alias Rohakim Solo, animateur radio, télé et réalisateur, a fait critiquer son film documentaire provisoirement intitulé ‘’ça vient de la rue’’ sur le mouvement Hip-hop (rap), par l’association des critiques de cinéma du Burkina Faso (ASCRIC-B), au cours d’une projection spéciale critique qui s’est tenue le samedi 7 décembre 2024, à Ouagadougou. L’objectif de cette activité pour le réalisateur, était de recueillir les observations et les différentes recommandations des critiques de cinéma, les prendre en compte dans sa production, avant d’en faire la promotion.

Le mouvement hip-hop a fait son entrée au Burkina Faso dans les années 1990. Près de 30 ans après son éclosion, le constat est amer puisque même de nos jours, le rap est toujours associé à un mouvement de délinquants/voyous.
Cela se justifie par le fait que certains anciens rappeurs se reconnaissent difficilement ou presque plus lorsqu’ils accèdent à des postes stratégiques de hautes responsabilités. « Beaucoup de jeunes, auparavant hip-hop, changent de casquette, dès qu’ils accèdent à des postes de responsabilité. (…) Pourtant, ils ne devraient pas faire ceci », a déploré le réalisateur.
« Il faut qu’on sorte de ce mimétisme parce qu’au temps de nos parents, ils s’assumaient à travers des afro, des bas 60, tout en ayant des responsabilités au sommet de l’Etat et ils contribuaient au développement de leur pays. » , a-t-il ajouté.

C’est pourquoi M. Sawadogo, alias Rohakim Solo, reconnaissant des bienfaits du hip-hop, et conscient de son apport au développement d’une société, entend sensibiliser à travers sa production, tous les acteurs du mouvement, sur le véritable rôle du hip-hop. « Mon inspiration vient du hip-hop, je suis le hip-hop et je n’ai pas connu une autre musique à part le hip-hop, j’ai été bercé par cette musique cadencée, un peu révolutionnaire », a-t-il lancé.

À l’entendre, le Hip-hop veut dire aller de l’avant avec intelligence, mouvementer avec intelligence. Cette production permettra donc aux jeunes qui sont dans le hip-hop et qui occupent aujourd’hui des postes de responsabilité de haut niveau de l’Etat, de s’assumer pleinement, afin d’en tirer les bénéfices, car le hip-hop a-t-il insisté ‘’permet de dynamiser les choses’’.

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Les impressions de Kandolo Annick Rachel, journaliste et critique de cinéma, par rapport au film documentaire projeté, sont bonnes. D’ailleurs, elle a estimé que le réalisateur atteindra son objectif personnel, quand il va intégrer les retours qui lui ont été faits. « C’est un genre musical qui a beaucoup fait bouger les lignes dans le showbiz au Burkinabé. (..). Refaire un film sur ça en le mettant en miroir avec le contexte actuel du Burkina Faso est très intéressant et c’est une démarche que le réalisateur adopte », a fait savoir la critique de cinéma.
Pour elle, cette démarche est à saluer, car c’est à ça que sert l’art. « L’art nous sert à nous interroger, à savoir où nous en sommes, à un moment donné de notre histoire, qu’est ce qui a fait que nous sommes arrivés à ce moment-là, et dans l’Etat dans lequel nous sommes, et comment est-ce qu’on fait pour se projeter, pour le futur, et c’est un peu ce que son film, essai de faire », a expliqué M. Kandolo.
La projection finale est prévue avant la 25 décembre 2024, à Ouagadougou.

